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Paris Match. Isabelle, dois-je vous appeler madame la Présidente?
Isabelle Adjani. Oui, c'est assez inouï! Gilles Jacob - le délégué général du Festival - souhaitait, je crois, une personnalité française. Il m'a téléphoné plusieurs fois. Il était si convaincu, si convaincant... j'ai dit oui!
P.M. C'est une date importante, le 50e anniversaire.
I.A. Oui, une manifestation qui va être tout entière dédiée à la gloire du cinéma à travers l'historique du Festival.
P.M. Le Festival de Cannes et vous, c'est une longue histoire. Vous y êtes allée plusieurs fois?
I.A. Trois fois, avec des films en compétition. La première, en 1981, pour "Quartet" de James Ivory et "Possession" de Zulawski. Ensuite, pour "L'été meurtrier", de Jean Becker. Enfin, en 1994, avec "La reine Margot", de Patrice Chéreau. Mais, en réalité, mes premiers pas au Festival, c'était en 1980. Je séjournais tout près de Cannes, et Jean-Claude Brialy m'a demandé de venir pour remettre un Prix d'interprétation. Surprise! J'allais avoir moi-même le prix d'interprétation féminine un an plus tard.
P.M. D'autres actrices ont déjà présidé le jury. Ingrid Bergman, Jeanne Moreau... Je crois que vous serez la plus jeune présidente. Comment prenez-vous ce nouveau rôle? Façon glamour?
I.A.[Dans un éclat de rire.] Oh la la ! Je ne serai pas seulement une présidente glamour. Bien sûr, il y aura le chatoiement des paillettes, les confettis, les miroirs pour jouer le jeu. Mais ce qui me plaît à moi, et c'est ce que j'aime dans ce métier, plus que les paillettes, c'est le travail, surtout le travail en équipe. Avec le jury, nous redeviendrons des anonymes pour voir les films, y réfléchir, en discuter entre nous...
P.M. On ne sait pas encore quels seront les membres du jury?
I.A. Non, il est beaucoup trop tôt, mais j'ai demandé à Gilles Jacob de réunir un jury confraternel, complémentaire et aussi proche des artistes que possible.
P.M. Qu'allez-vous faire en attendant de connaître les films en compétition?
I.A. La recherche des films se poursuit très tard, jusqu'au mois de mars. Moi, d'ici là, j'ai tout un petit travail préparatoire à faire sur ce rôle de présidente, avant même de savoir quelle robe je porterai pour le gala d'ouverture.
P.M. Finalement, vous préférez aller à Cannes comme présidente plutôt que comme actrice?
I.A. [Dans un sourire.] C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup moins angoissant... enfin, on verra!
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