Laetitia nage comme un poisson depuis l'âge de 4 ans. Elle adore taquiner les langoustes, dont elle connaît les cachettes secrètes, mais leur rend aussitôt la liberté.

A Calvi, les vacances d'une sirène qui s'avoue plus fourmi que cigale

A des lieues des crevettes maladives qu'on craint de voir se casser sur les podiums, Laetitia Casta rayonne de santé. Et L'Oréal, Ralph Lauren, Revlon, ne jurent plus que par elle. Une pluie de contrats prestigieux attend la petite Française à la rentrée. Aussi profite-t-elle, cet été, de sa Corse natale. Nous l'avons suivie en visite chez ses voisins légionnaires. Entretien au parfum de sable chaud.

interview Jean-Claude Zana - Photos Alvaro Canovas

Comme un poisson dans l'eau avec sa légion... d'admirateurs, elle est devenue la mascotte du 2e régiment étranger de paras

Mode, parfums, cosmétiques... vous avez fait le tour de tous les aspects du métier de top. Et le cinéma, ça vous tente?

- Je reçois des scénarios à lire, mais je ne suis pas la seule à en recevoir. Pour l'instant, ce n'est ni ma place, ni mon travail. Il y a des gens dont c'est le métier et qui le font très bien. Mais si on me propose un jour quelque chose à ma portée, pourquoi pas! Chaque chose en son temps. J'aime ce que je fais et je le fais le mieux possible. Dans tout ce que j'entreprends, je mets de la passion, de l'enthousiasme, de la rigueur et de la joie. J'ai quelquefois un emploi du temps démentiel, mais j'assume.

- Vous faites ce métier depuis trois ans. Qu'est-ce qui vous a le plus marquée?

- J'ai vu des gens qui se prennent pour le nombril du monde, alors que j'ai rencontré dans certains pays des êtres formidables, vrais, qui ne possédaient rien mais qui rayonnaient de l'intérieur. Moi, je veux continuer à apprécier les plaisirs simples: un coucher de soleil, un beau paysage, un repas en famille au milieu d'enfants. Dans l'univers, nous ne sommes pas grand-chose, je l'ai compris. Partout où je passe, je prends le temps de communiquer avec ceux qui m'entourent, le temps de respirer. A Calvi, j'ai passé quelques heures en mer sur une barque avec un pêcheur professionnel. Il n'y avait que le ciel, l'eau, le silence. J'ai oublié qui j'étais. En débarquant, le pêcheur m'a offert une amulette cerclée d'or, que je porte désormais autour du cou avec mon petit médaillon de la Corse. Je suis fière d'être corse. Pour moi, rien n'a changé. Je suis une jeune fille comme toutes les autres.

- Que vous a apporté l'Amérique?

- D'abord, maintenant je parle l'anglais comme ma langue maternelle. Aux Etats-Unis, que l'on soit maçon ou boulanger, il n'y a aucune différence. On respecte la réussite et le succès. Je me suis très bien adaptée à ce mode de vie. J'ai un faible pour New York, une ville pleine d'énergie. J'adore aller au cinéma. Les salles sont immenses, et je m'installe toujours avec mon pot de pop-corn. Je me promène dans Central Park, je déjeune à la terrasse des restaurants, je fais du shopping. Il me reste à découvrir les galeries de peinture de SoHo, et surtout les musées. J'ai besoin de culture pour m'épanouir. Je suis à l'écoute pour apprendre et comprendre.

- L'argent joue-t-il un grand rôle?

- L'argent, c'est bien; qui dirait le contraire! Mais il faut savoir s'en servir. Moi, je le mets de côté pour plus tard. Je suis parfois surprise par ce que je gagne, mais je me dis que mon métier est éphémère et que je dois penser à l'avenir. Sait-on ce que la vie nous réserve? Je n'ai pas honte de dire que je suis plutôt fourmi que cigale.

- Quels sont vos rêves?

- Avoir une jolie maison en Corse, être en famille, vivre à mon aise, avoir des enfants, leur donner ce dont ils ont besoin. Etre libre.

- On vous a vue avec un photographe, un réalisateur, un play-boy. Pour qui bat votre coeur?

- Quand on vous voit déjeuner, dîner ou marcher dans la rue avec quelqu'un, on dit: "Elle sort avec lui." C'est complètement idiot. Bah! autant en emporte le vent. Quand quelqu'un entrera dans ma vie, j'en parlerai moi-même, je n'attendrai pas que quelqu'un le fasse à ma place. Je n'ai nul besoin d'ambassadeur.

- Comment un homme vous séduit-il?

- Il y a ceux qui pensent qu'avec l'argent, une Rolls, une Ferrari, le luxe... ils peuvent éblouir et avoir toutes les femmes. Moi, je préfère ceux qui apportent de la joie de vivre, de la chaleur, qui font preuve de générosité. Cela peut être un médecin, un pompier, un journaliste...

- A 19 ans, vous semblez prendre la vie avec beaucoup de sagesse...

- Je la prends comme elle vient. J'avance sans brûler les étapes. J'apprends à me connaître, je cherche ce que je veux vraiment. Je me suis donné des limites à ne pas dépasser. Et je dis, comme dans la chanson de Gabin: "Je sais que je ne sais rien."... Sauf que, quand, sur une pointe de rocher corse, j'écoute du Mozart, c'est un véritable enchantement.


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